vendredi 14 novembre 2008

Chanson du jour : The River, par Josh Ritter

Pas que je sois hyper fan des derniers albums de Josh, je préfère son Golden Age of Radio avec notamment Harrisburg et Me and Jiggs... Mais de temps en temps, je vais voir sur son site ce qui se trame, en espérant un concert parisien, et j'apprends qu'il donne deux conerts sold-out à Dublin avec un orchestre de 24 musiciens! Du coup, je me dis que le père Josh a chopé le melon et ben, non, il continue se produire en solo, comme témoigne cette version sans harmonica de The River du Boss.

Ca s'écoute ici et ça se regarde plus bas.

Et pour mon ami Pascal, l'un des rares visiteurs de ce blog, voici Mexican Home de Mister Prine enregistré au El Ray Theater de Los Angeles, le 1er mars 2007
.

Après la
version du Boss, No Nukes 1979, voici celle de Josh



mardi 21 octobre 2008

Greg Copeland, Diana & James



Je parlais de Greg Copeland en juillet sur ce blog et annonçait son nouvel album. Il est arrivé! Et je peux vous dire qu'il est tout bon. Très différent de "Revenge Will Come", beaucoup plus dans un esprit roots qui a le vent en poupe. La production de Greg Leisz y est sûrement pour beaucoup :). Jackson Browne est executive producer.

Et comme le pauvre Copeland n'a pas de site, j'en ai créé un où vous apprendrez à peu près tout ce qu'il faut savoir sur ce songwriter californien . Cliquez ici

Voici deux extraits en MP3 pour en juger avant de courir acheter l'album chez Inside Recordings :

jeudi 9 octobre 2008

JMG Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008



La rumeur courait (je suis bien informé :), Le Clézio allait avoir le Prix Nobel de Littérature : ça faisait un bail qu'un français n'avait pas été récompensé et surtout, Le Clézio célèbre les cultures européennes autant qu'amérindienne et africaine, un côté universel qu'apprécient les jurés du Nobel. Désert (1980) est un superbe roman pour découvrir son œuvre, de même que ses recueils de nouvelles, Mondo et autres histoires, ou La Ronde et autres faits divers avant d'attaquer Le Procès Verbal, Prix Renaudot 63.



Dossier complet dans le Nouvel Obs

Son nom circulait depuis quelques jours, on vous en touchait deux mots ici-même la semaine passée. C'est confirmé: l'Académie suédoise vient de décerner le Prix Nobel à l'auteur du «Chercheur d'or», de «Désert» et de «l'Africain», qui succède ainsi à Doris Lessing. (La preuve: le communiqué officiel est en ligne ici). Les derniers Français récompensés étaient Camus (1957), Saint-John Perse (1960), Claude Simon (1985) et Gao Xingjian (2000). On ne connaît pas encore la réaction de Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui confiait encore, ce matin même sur France Inter, ne pas se sentir «à la hauteur de Claude Simon» (la vidéo de l'émission est ici).

Le Clézio par lui-même

mardi 7 octobre 2008

Jackson Browne & David Lindley

En attendant sa venue au printemps (le 26 avril selon le site officiel, le 27 selon Gégé Drouot), et pour fêter dignement son 60 anniversaire, voici quelques clips acoustiques de Jackson Browne avec David Lindley.

Running on Empty


The Crow on the Cradle


Call it a Loan


samedi 4 octobre 2008

Chanson du jour : Let's Get Some Beers, Pete Nelson

I don't call what I do 'folk music'. The best term I've come up with is 'foreground music', meaning it's not meant to be background music, but has to be more closely listened to, as opposed to the hook-oriented pop music that shoots straight into your brain. 'Foreground music' might for example, tell a story where, if you miss the beginning, you don't get the end. ...Pete Nelson



La chanson du jour est tirée de l'album The Restless Boys Club publié en 1996 par le romancier Pete Nelson sur le jeune label Signature Sounds. C'est un bon album d'où ressort cette fabuleuse chanson, "Let's Get Some Beers" où l'on entend successivement Bill Morrissey, John Gorka, Cliff Eberhart, Greg Brown et Pete Nelson, qui composent le Restless Boys' Choir, avec Cormac -not the writer- McCarthy à l'harmonica.

Chacun explique à sa façon que la cinquantaine arrivée, tout ce que l'on fait de mieux, c'est de parler de ses échecs sentimentaux, professionnels ou simplement personnels autour d'une bibine (ou d'un café)!

MP3 : Let's Get Some Beers (Pete Nelson, 1996)

On le trouve chez Signature Sounds ou chez CDbaby


Voici le compte-rendu de All Music Guide. Je n'ai pas trouvé trace de Peter Mulvey sur le disque, mais à part ça, c'est intéressant.

Pete Nelson is certainly not the only storytelling folk singer in the business. It has, in fact, become something of a folk reviewer's cliché to compare a singer/songwriter to a novelist, short story writer, or playwright. But such descriptions are unavoidable in discussions of Nelson's work, and they are even more apt when applied to him than they are to better-known storytellers like Dar Williams, Ellis Paul, and Darryl Purpose. That's because story seems primary to Nelson and music only secondary. On his debut album, The Restless Boys' Club, fundamental conventions of popular music are regularly tossed aside if they don't suit the narrative. In the liner notes, his lyrics are printed in prose format with complete sentences, paragraphs, and quotation marks. Nelson's choruses, usually the heart and soul of a song, tend to be brief and unmemorable, almost thrown away; enlisted in service of the verses rather than the other way round. Meter and rhyme are all but vanquished from the tragicomic opener, "Norman," and on "Let's Get Some Beer," the purported solo artist steps aside to let an all-star cast (John Gorka, Bill Morrissey, Cliff Eberhardt, and Greg Brown) voice his characters. Nelson's own voice -- soft, thin, and sometimes unsteady -- seems a liability on the first listen, but he uses its gentle, unaffected simplicity to great effect. Of course, none of this would work if the stories weren't well told. But Nelson has a great gift for quietly underscoring the poignant depth of ordinary events in ordinary lives. And though he isn't nearly as good a singer or composer as most of the celebrity guests that play on his albums (Paul Williams, Chistine Lavin, and Peter Mulvey, to name a few), he finds plenty of luminous musical moments to shed light on those well-crafted narratives. ~ Evan Cater, All Music Guide

dimanche 28 septembre 2008

Anniversaire : 28 septembre 1915, Blaise Cendrars perd son bras droit à la ferme de Navarin



On connait le Blaise Cendrars poète du Transsibérien, des 19 Poèmes élastiques, du Panama et de ses Sept Oncles, des Feuilles de Route (on écoutera ici Cendrars réciter son poème "Iles" de sa voix de concierge! Saisissant...) et de Kodak, le romancier de l'Or, de Dan Yack et de Moravagine, le journaliste de Chez L'Armée Anglaise et du Panorama de la Pègre, l'ami du cinéaste Abel Gance, des peintres Delaunay, Léger et Modigliani, l'amateur d'art nègre et de ballets suédois, le traducteur de Ferreira de Castro et de Bringolf et d'Al Capone le Balafré, l'éditeur de la Sirène, etc, etc. Cendrars, c'est aussi l'auteur de la tétralogie des années de guerre, l'Homme Foudroyé, La Main Coupée, Bourlinguer et le Lotissement du Ciel.


La Main Coupée, c'est le récit sauvage de la guerre de 14, des tranchées et de la boucherie où Cendrars perd son bras droit, le 28 septembre 1915 à la Ferme de Navarin. Ensuite, toute ses dédicaces seront signées de sa "main amie".

Quelques extraits de La Main Coupée (Denoël, 1946)

"...planté dans l'herbe, comme une grande fleur épanouie, un lys rouge, un bras humain tout ruisselant de sang, uyn bras droit sectionné au-dessus du coude et dont la main encore vivante fouissait le sol des doigts comme pour y prendre racine... A qui était cette main, ce bras droit, ce sang qui coulait comme la sève?"

« C’était le bout du monde et nous ne savions pas au juste où finissaient nos lignes et où commençaient les lignes allemandes, les deux tracés se perdant dans une prairie marécageuse plantée de jeunes peupliers jaunissants, maladifs et rabougris qui s’étendait jusqu’aux marais, où les lignes s’interrompaient forcément pour reprendre de l’autre côté de la vallée inondée et des méandres compliqués de la Somme, sur l’autre rive, à Curlu, haut perché, et au-delà. »

« Être un homme. Et découvrir la solitude. Voilà ce que je dois à la Légion et aux vieux lascars d’Afrique, soldats, sous-offs, officiers, qui vinrent nous encadrer et se mêler à nous en camarades, des desperados, les survivants de Dieu sait quelles épopées coloniales, mais qui étaient des hommes, tous. Et cela valait bien la peine de risquer la mort pour les rencontrer, ces damnés, qui sentaient la chiourme et portaient des tatouages. Aucun d’eux ne nous a jamais plaqués et chacun d’eux était prêt à payer de sa personne, pour rien, par gloriole, par ivrognerie, par défi, pour rigoler, pour en mettre un sacré coup, nom de Dieu, et que ça barde, et que ça bande, chacun ayant subi des avatars, un choc en retour, un coups de bambou, ou sous l’emprise de la drogue, de l’alcool, du cafard ou de l’amour avait déjà été rétrogradé une ou deux fois, tous étaient revenus de tout. Pourtant ils étaient durs et leur discipline était de fer. C’était des hommes de métier. Et le métier d’homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrice, comme la poésie. »

A lire également, cette belle ballade sur les traces de Cendrars en Haute Somme

Pour mieux illustrer cet épisode déterminant de la vie de Cendrars, un article du Nouvel Obs et une vidéo de Jérôme Garcin à propos d'un récit de Gisèle Bienne ( «La Ferme de Navarin», par Gisèle Bienne, Gallimard, coll. «l’Un et l’Autre», 130 p., 14,50 euros.)

Cendrars 1915, Par Jérôme Garcin

C'est à «la ferme de Navarin», en Champagne, que l'écrivain du «Transsibérien» perdit sa main. Retour sur les lieux du combat

C’est l’histoire d’une femme d’aujourd’hui qui recherche une main d’autrefois. La main droite d’un écrivain, Frédéric Sauser, alias Blaise Cendrars, arrachée par la mitraille allemande, le 28 septembre 1915, au nord de la ferme de Navarin, en Champagne, dans le paysage lunaire et la terre toujours stigmatisée de la Grande Guerre.

Partie de Reims, où elle habite, Gisèle Bienne roule dans la Marne jusqu’aux portes de l'Argonnel’Argonne,et s’arrête entre Suippes et Sommepy, devant l’ossuaire qui abrite les restes de 10.000 poilus. «On pourrait se croire, note-t-elle, dans l’extrême banlieue des morts, dans quelque vestige d’un goulag oublié au milieu des labours.» Seule une pancarte indique qu’ici «fut la ferme de Navarin». C’est à cet endroit que la vie de Blaise Cendrars – la braise et la cendre – a basculé. Né en 1887, il était d’origine suisse. Il avait connu l’Italie, l’Egypte, la Russie, les États-Unis et l’Allemagne. Il était monté à bord de paquebots et, sans doute, du Transsibérien, dont il avait transcrit la prose syncopée. Lorsque la guerre avait éclaté, l’auteur de «Pâques à New York» s’était engagé dans la Légion étrangère. D’abord envoyé sur le front de la Somme, il avait ensuite participé à l’offensive de Champagne, où il perdit sa main et fut ensuite amputé du bras, au-dessus du coude.

Depuis l’enfance, Gisèle Bienne est pleine de Cendrars. Dans un village de l’Aube, elle a grandi avec ses poèmes et ses récits de voyage. Il est son soleil et sa nuit, son chamane et son guide. Elle aussi est la petite-fille de poilus qui ont sombré dans l’alcool pour oublier qu’ils avaient vu l’enfer. L’un de ses grands-pères était chef de gare, il voyait passer les trains du Suisse errant. Aujourd’hui, elle erre de cratères en cimetières comme une orpheline et, avec les couleurs d’une peintre, décrit, quatre-vingt-dix ans après l’horreur, cette «région maudite, d’une force envoûtante».

On pense, en lisant ce récit à la fois ardent et méticuleux, au film de Bertrand Tavernier «la Vie et rien d’autre». Dans un décor d’apocalypse où la vie renaît, où l’herbe se remet à pousser entre les tranchées, une jeune femme prie un officier de l’aider à retrouver son mari, qui a disparu dans la boucherie. Dans son livre à fleur de peau et de mémoire, Gisèle Bienne tient à la fois de la veuve investigatrice et du militaire obsessionnel.

Sur la route crayeuse de Cendrars, elle a rencontré Yves Gibeau, qui recueillait dans sa maison de Roucy tout ce que la terre labourée n’en finissait pas de vomir, godillots, gourdes, casques, obus, barbelés, boucles de ceinturon. Et elle en appelle à tous les écrivains qui ont porté les armes, et dont certains ne sont jamais revenus, Genevoix, Alain-Fournier, Aragon, Bernanos, Péguy, Bousquet, Giono, Vaché et Apollinaire, qui écrivait: «Les arbres si rares sont des morts restés debout.»

Gisèle Bienne est une vivante qui écoute parler et pleurer les fantômes, ils ont raison de se confier à elle, car c’est une amie fidèle. Son petit livre est grand comme un mausolée, chaque prière y résonne.
J. G.

Gisèle Bienne vit à Reims. Elle est l’auteur de livres pour adolescents, de poèmes et de romans, dont «Paysages de l’insomnie» (Climats, 2004).

Source: «Le Nouvel Observateur» du 10 janvier 2008.

jeudi 25 septembre 2008

Help! Benefit pour Wrecks Bell et le Old Quarter



The Old Quarter, "Where Lyrics Still Count"


Suite au passage de l’ouragan Ike dans le Golfe du Mexique, le club The Old Quarter, lieu légendaire de la scène des songwriters du Texas tenu par Wrecks Bell s’est retrouvé sous près de 3 mètres d’eau…


Pour reconstruire et relancer son activité, Wrecks a besoin d’aide. Ses amis Vince Bell (pas de lien de parenté) et Sarah Wrightson ont mis en place un plan de soutien financier. Tous les donateurs recevront une copie de Recado, le dernier album en date de Vince, quel que soit le montant.



Un long article (5 pages!) sur Wrecks et l’histoire du Old Quarter est disponible sur le site de Houston Press. Ces photos l'illustrent.


Although he always called him Rick, Wrecks was one of Lightnin' Hopkins's favorite bass players!


Le Old Quarter de Galveston a remplacé en 1996 le Old Quarter de Houston, où a notamment été enregistré l’indispensable Live at The Old Quarter de Townes van Zandt. Wrecks Bell a accompagné Lightnin’ Hopkins à la basse, était l’ami de Blaze Foley et est le sujet de Rex’s Blues, repris depuis par tout le monde, de Son Volt à Guy Clark, de Steve Earle à David Olney, de James McMurtry à Rambling Jack Elliott.



Sans notre aide, le Old Quarter ne se relèvera pas.


L’adresse Paypal est la suivante :

Nom : Sarah Wrightson

Compte : vince_bell@vincebell.com


Indiquez vos noms et adresse pour recevoir le CD de Vince.


MP3 : Rex's Blues/Snowing on Raton (Townes van Zandt) par David Olney & Thomm Jutz, La Pomme d'Eve, 11/29/04


MP3: Rex's Blues, (Townes van Zandt), par Ramblin' Jack Elliott avec Emmylou Harris & Nanci Griffith (album Friends of Mine, 1997)



Rex's Blues (Townes Van Zandt), performed by Wrecks Bell with Gary Reagan


"Ride the blue wind high and free,

she'll lead you down through misery.

Leave you low come time to go,

alone and low as low can be."

"Rex's Blues," Townes Van Zandt