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samedi 6 août 2011

Bill Morrissey, 1951-2011

(c) Ramcey Rodriguez
Des vacances qui commencent mal avec, le matin du départ, l'annonce de la mort de Bill Morrissey par Peter Keane. Bill est mort en Georgie, entre Nashville où il avait donné un concert la semaine précédente (voir photo) et Philadelphie, où habite sa mère. Difficile pour moi d'en dire plus pour l'instant, j'y reviendrai. So long Monsieur Guillaume...

www.billmorrissey.net
www.turnandspin.com (site officiel)

mardi 15 décembre 2009

Edson, premier chapitre

Comme promis il y a quelque temps, voici le premier chapitre d'Edson, le roman de Bill MORRISSEY que Zanzibar Editions publie le 10 janvier prochain (Traduction de Luc Baranger). Pour céouter Morrissey lire ce passage en anglais, cliquez ici. Le livre sera en vente chez tous les libraires, mais aussi au CinéVigo de Gennevilliers le samedi 23 janvier et à la Pomme d'Eve le dimanche 24. Des showcases sont prévus à la FNAC rue de Rennes et au Megastore des Champs Elysées.
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LA PREMIÈRE TEMPÊTE DE NEIGE de la saison s’immisça dans le New Hampshire à la manière d’un nuage de poussière, qui s’évanouit sitôt qu’il a effleuré le sol, comme s’il s’excusait du dérangement. Loin d’être dupes, un œil braqué vers le ciel, les habitants se retroussèrent les manches pour rentrer la dernière corde de bois dans le garage ou dans le cellier, calfeutrer les fenêtres et vérifier l’état de la souffleuse à neige, avec l’espoir qu’elle tiendrait bien encore un an si on ne lui menait pas la vie trop dure. Au crépuscule, le vent tomba et les volutes devinrent de gros flocons. La poudreuse s’agrippa si fermement aux dernières feuilles et aux aiguilles des conifères que les branches finirent par ployer. On était entré dans l’hiver. Jouant avec l’accélérateur pour éviter le tête-à-queue à sa vieille Chevrolet, Henry Corvine maintenait ses roues dans les ornières de la route à double voie qui louvoyait jusqu’à Edson. Un tronçon rectiligne lui offrant l’occasion de voir si le véhicule conservait sa trajectoire, il commit l’erreur de lâcher le volant. Il leva aussitôt le pied, reprit les commandes et remit son imposante voiture dans les traces. À l’entrée de la ville, ses phares balayèrent la statue de la Sainte Vierge juchée sur un tertre coincé entre la rivière et la route. Dos à la ville, paumes offertes de chaque côté du corps, les épaules éternellement haussées, la Madone accueillait chaque nouvel arrivant dans une pose qui semblait vouloir dire : « Bienvenue à Edson. Mais désolée, je n’y suis pour rien. »

Henry franchit le pont, là où le cours d’eau se perd en zigzag sous la route secondaire qui elle-même se métamorphose en Grand-rue. Que le chasse-neige ne soit pas encore passé le surprit, car la ville s’enorgueillissait de disposer du service de voirie le plus efficace de toute la côte du New Hampshire. Son regard s’attarda sur les mastodontes jaunes couverts de poudreuse. En les découvrant ainsi, immobiles et l’air hébété sur le parking municipal, on pensait aux bâtiments de guerre après l’attaque de Pearl Harbour. Henry rétrograda en seconde alors que la route, serpentant dans une descente entre les immeubles du centre-ville, se transformait en un tapis de neige durcie. D’un autre âge, crasseux, les longs bâtiments asymétriques, gris et rougeâtres, de la Tanner Shoe Company paraissaient tenir la neige à distance. Parallèles à la Grand-rue qui longeait la rivière, leur multitude de minuscules fenêtres aux vitres noircies dominaient les magasins, les fastfoods et les échoppes. Henry se laissa aller en roue libre et s’arrêta devant le seul magasin ouvert le dimanche soir, la fruiterie Martello, qui faisait également agence immobilière. Il lui fallait des cigarettes, de la bière, du lait et peut-être deux ou trois autres trucs dont il se souviendrait quand il aurait le nez dessus. Les lumières aux couleurs de l’Italie de l’enseigne de chez Martello, ajoutées à la neige tombante, donnaient au centre-ville un air de Noël quelque peu sordide. Henry descendit de la Chevrolet sans couper le moteur. Le magasin Martello était long et étroit comme un wagon de chemin de fer. S’y empilait un bric-à-brac de boîtes de bière et de conserves, de cuissardes de pêcheur, de plats préparés, de magazines, de collants pour femme, de cassettes vidéo, de cartouches de cigarettes, de munitions de chasse, de fruits frais, de chemises à carreaux, de charcuterie sous cellophane, de casse-croûte et de tubes d’aspirine. Henry tapa les semelles de ses bottes de chasse pour en faire tomber la neige avant de se frayer un chemin entre les magazines qui jonchaient le sol graisseux.

L’armoire frigorifique à bière occupait entièrement le mur du fond et le tiers d’un autre. Henry adorait respirer l’odeur de ce magasin, car elle lui rappelait celle des camps de vacances d’été. Il attrapa un pack de six bouteilles de Miller, puis gagna le rayon frais où il prit une brique de lait et une barre de fromage Monterey Jack. Il y ajouta un pain, un paquet de saucisses fumées et un filet d’oranges. Il vérifia la date de péremption du lait et s’avança vers la caisse.

– Ajoute deux paquets de cigarettes, s’il te plaît, dit-il à Deb, seize ans, la cadette des filles Martello. Vautrée sur l’édition dominicale du Globe de Boston, la tête étayée par les avant-bras, le menton de la jeune fille cherchait à s’enfoncer dans la base de son cou, comme elle essayait de lire quelque chose au pied de la page sans modifier sa position. Dès qu’elle reconnut Henry, elle tendit une main vers l’étagère située au-dessus d’elle. Inconscience de la répétitivité de ses tâches, Deb attrapa un paquet de Merit et un paquet de Kool Milds, qu’elle déposa près du pack de bière. Elle se redressa et leva enfin les yeux sur son client, deux perles bleu ciel, de la couleur d’un papier peint resté trop longtemps exposé au soleil. Ils balayèrent le visage d’Henry d’une oreille à l’autre à plusieurs reprises avant de se poser sur l’étagère à journaux qui se trouvait derrière lui. – Ce sera tout ? demanda Deb.

– Ce sera tout.

jeudi 3 décembre 2009

Bill Morrissey de retour à Paris!

A l'occasion de la sortie de son roman Edson chez Zanzibar Editions, Bill Morrissey jouera deux soirs au CineVigo de Gennevilliers le samedi 23 janvier et à La Pomme d'Eve le dimanche 24 à 19 heures! Plus d'informations bientôt!

EDSON EST LE NOM de la ville où se déroule l'action du roman. C'est la ville natale de Henry Corvine, le héros de l'histoire, un célibataire trentenaire qui revient dans les lieux de sa jeunesse après avoir bourlingué une dizaine d'années sur des navires marchands de pêche hauturière. En retrouvant ses anciennes relations, amis et amours abandonnés, Corvine va de surprises en déceptions : les chansons qu'il écrivait, et pour lesquelles on lui prédisait le succès, sont devenues des classiques chantées par d'autres voix que la sienne, les femmes qu'il a aimées sont devenues les épouses d'autres hommes. Les quelques-unes qui lui sont restées fidèles le poussent à enregistrer de nouveaux titres. Mais lui, qui n'a pas sorti sa guitare de son étui depuis plus de dix ans, doute de son talent.


Alors que la petite cité se délite, entre alcool, cigarettes, mornes soirées et chômage – la seule usine du comté vient de fermer ses portes – Henry Corvine s'interroge sur le courage et l'abnégation, le destin et la volonté, la création et l'acceptation sans condition, tous sentiments qui l'animent lors de son retour au pays natal et dont il sait qu'ils orienteront de manière irrémédiable la dernière moitié de son existence.

mardi 15 septembre 2009

Bill Morrissey : "Edson" sort en janvier chez Zanzibar

L'éditeur Zanzibar basé à Toulouse, vient de m'annoncer la parution le 10 janvier 2010 du roman de Bill Morrissey, Edson. Enfin! Après des essais infructueux auprès d'éditeurs tels que L'Ecailler du Sud, Albin Michel, Le Dilettante ou Gallmeister, je suis en fait ravi que Edson soit édité par Laurent Blain. Ce type adore la lecture, les écrivains et le rock! Zanzibar-Edition est né en début d'année et les choses vont très vite pour lui, preuve qu'il mène bien sa barque.

Ses livres seront en effet distribué par Volumen, c'est à dire les Editions du Seuil, ce qui garantit une visibilité maximale dans les librairies classiques, les "supermarchés de la culture" et les gares, tout en soulignant la confiance que le géant de l'édition accorde au petit nouveau.

Jetez un œil au catalogue 2010 de Zanzibar, il y en aura pour tous les goûts, de la littérature au polar, du fantastique à la musique.

Bientôt en exclu sur ce blog, le premier chapitre d'Edson, traduit par Luc Baranger.

Cliquez sur l'image pour écouter Bill lire les premiers paragraphes d'Edson en Real Audio (4 mai 1996).

mercredi 17 décembre 2008

Gone but not forgotten: Johnny Cunningham (1957 - 2003)


Je ne suis pas grand fan de musique celtique malgré mes origines costarmoricaines mais je suis littéralement subjugué par le violon de Johnny Cunningham, découvert sur les disques de Bill Morrissey. Bill m'a raconté que Johnny ne voulait jamais jouer These Cold Fingers sur scène, car cette chanson le faisait pleurer...

Johnny Cunningham est décédé le 15 décembre 2003 d'une crise cardiaque. Né à Portobello, en Écosse en 1957, il fonde à 13 ans Silly Wizard, un groupe qui sera à la pointe du revival celtique côté écossais des années 70 et 80. Il fonde ensuite le groupe celtique Relativity, avec son frère Phil Cunningham et les jumeaux Micheal et Triona Ni Dhomhnaill du groupe The Bothy Band.


Outre une fructueuse carrière solo, Johnny rencontre un grand succès en tant que producteur. Il tourne également avec Bill Morrissey, et franchit le pas en jouant avec les groupes de rock 'n roll, se produisant notamment avec Hall & Oates.

Son groupe Raindogs sort deux albums et tourne avec Bob Dylan, Don Henley et Warren Zevon.

De 2000 à 2003, Johnny joue avec Susan McKeown et Aidan Brennan lors de la tournée A Winter Talisman, album paru en 2001. Ils se produisent 3 fois au Kennedy Center for Perfoming Arts à Washington DC. Ces concerts sont disponibles en vidéo

Voici quelques morceaux pour découvrir Johnny Cunningham:

* Johnny Cunningham & Susan McKeown avec Aidan Brennan (A Winter Talisman) : Langoili * The Unfortunate Snow Incident * The Bonnie Blue-Eyed Lassie

* Bill Morrissey : Inside * These Cold Fingers * Johnny's Tune (demo 2005)

jeudi 11 décembre 2008

Live Free or Die! Mark Erelli & Hayes Carll rendent hommage à Bill Morrissey

Mark Erelli et Hayes Carll se sont produits le 18 février 2007 à la Pomme d'Eve dans le cadre d'une tournée Rounder Europe. Les deux se connaissaient à peine mais Mark a accompagné Hayes à chaque morceau de leurs deux sets "in the round", chacun son tour. A ce moment-là, Bill Morrissey était mal en point, c'est à dire en cure de désintoxication, à l'hosto... Sachant que les deux étaient fans de Bill, je leur ai demandé de faire uns et spécial, mais ils ont préféré raconter leur histoire et jouer chacun une chanson de Bill, "Birches" pour Mark Erelli, "Morrissey falls in love at first sight" pour Hayes. Les MP3 sont ci-dessous

When Mark Erelli and Hayes Carll played for my series at la Pomme d'Eve in February 2007, Bill Morrissey was in rehab and I asked them to perform songs by Bill. They kindly obliged. Both told their Morrissey story; Mark played "Birches" and Hayes covered "Morrissey falls in love at first sight" and "Live free of die" as an encore. Listen to the music:

~> Hayes Carll talks about Bill
~> Hayes Carll sings "Morrissey falls in love at first sight"
~> Mark Erelli talks about Bill
~>Mark sings "Birches"
~>Hayes Carll introduces and sings "Live Free or Die"




mardi 25 novembre 2008

Happy Birthday Mr Morrissey!



25 novembre, juste avant Thanksgiving, c'est l'anniversaire de Bill Morrissey. Pas grand chose sur You Tube... Pour la peine, je vous propose quatre morceaux enregistrés à la Pomme d'Eve le 2 février 2006, dont Handsome Molly avec Lynn Miles :



Grave of Baudelaire
The Gal I love, she's a 100 coaches long
These Cold Fingers
Handsome Molly

samedi 4 octobre 2008

Chanson du jour : Let's Get Some Beers, Pete Nelson

I don't call what I do 'folk music'. The best term I've come up with is 'foreground music', meaning it's not meant to be background music, but has to be more closely listened to, as opposed to the hook-oriented pop music that shoots straight into your brain. 'Foreground music' might for example, tell a story where, if you miss the beginning, you don't get the end. ...Pete Nelson



La chanson du jour est tirée de l'album The Restless Boys Club publié en 1996 par le romancier Pete Nelson sur le jeune label Signature Sounds. C'est un bon album d'où ressort cette fabuleuse chanson, "Let's Get Some Beers" où l'on entend successivement Bill Morrissey, John Gorka, Cliff Eberhart, Greg Brown et Pete Nelson, qui composent le Restless Boys' Choir, avec Cormac -not the writer- McCarthy à l'harmonica.

Chacun explique à sa façon que la cinquantaine arrivée, tout ce que l'on fait de mieux, c'est de parler de ses échecs sentimentaux, professionnels ou simplement personnels autour d'une bibine (ou d'un café)!

MP3 : Let's Get Some Beers (Pete Nelson, 1996)

On le trouve chez Signature Sounds ou chez CDbaby


Voici le compte-rendu de All Music Guide. Je n'ai pas trouvé trace de Peter Mulvey sur le disque, mais à part ça, c'est intéressant.

Pete Nelson is certainly not the only storytelling folk singer in the business. It has, in fact, become something of a folk reviewer's cliché to compare a singer/songwriter to a novelist, short story writer, or playwright. But such descriptions are unavoidable in discussions of Nelson's work, and they are even more apt when applied to him than they are to better-known storytellers like Dar Williams, Ellis Paul, and Darryl Purpose. That's because story seems primary to Nelson and music only secondary. On his debut album, The Restless Boys' Club, fundamental conventions of popular music are regularly tossed aside if they don't suit the narrative. In the liner notes, his lyrics are printed in prose format with complete sentences, paragraphs, and quotation marks. Nelson's choruses, usually the heart and soul of a song, tend to be brief and unmemorable, almost thrown away; enlisted in service of the verses rather than the other way round. Meter and rhyme are all but vanquished from the tragicomic opener, "Norman," and on "Let's Get Some Beer," the purported solo artist steps aside to let an all-star cast (John Gorka, Bill Morrissey, Cliff Eberhardt, and Greg Brown) voice his characters. Nelson's own voice -- soft, thin, and sometimes unsteady -- seems a liability on the first listen, but he uses its gentle, unaffected simplicity to great effect. Of course, none of this would work if the stories weren't well told. But Nelson has a great gift for quietly underscoring the poignant depth of ordinary events in ordinary lives. And though he isn't nearly as good a singer or composer as most of the celebrity guests that play on his albums (Paul Williams, Chistine Lavin, and Peter Mulvey, to name a few), he finds plenty of luminous musical moments to shed light on those well-crafted narratives. ~ Evan Cater, All Music Guide